La mort comporte une rupture. . La
mort comporte un jugement
Le jugement, on n'en parle plus : "Dieu m'attend, il
m'ouvre les bras, il est la miséricorde infinie,
il me prend comme je suis !"
Ce n'est pas l'Evangile. Dans l'évangile il est
dit : que Dieu, nous prend comme nous sommes ! . mais il
nous veut saints : il ne veut pas que nous nous
complaisions dans notre médiocrité ni notre
péché. Quand Jésus dit
: "Les prostituées et les
publicains vous précéderont i dans le
Royaume de Dieu",( Matthieu 21, 31-32 ) ce n'est
pas parce qu'elles sont prostituées ou qu'ils sont
publicains, c'est parce que, quand Jésus est venu,
ils ont cru, et ils se sont convertis. Tandis que vous,
pharisiens, vous avez refusé de croire pour ne pas
avoir à vous convertir.
La Miséricorde de Dieu est infinie, elle ne se
lasse pas, elle est sans mesure mais elle exige de nous
que nous l'accueillions en vérité,
c'est-à-dire que nous appelions mal ce qui est
mal, bien ce qui est bien, et que nous-mêmes, nous
cherchions à devenir ce pouriquoi nous sommes
faits.
Une chose est de le vouloir, une chose est de ne pas
pouvoir : là le Seigneur nous pardonne 77 fois 7
fois nos péchés de faiblesse, mais il
à horreur de notre complicité avec le
Mal.
Il y a cette parabole de 1' invité aux noces,
dans l'évangile :( Matthieu 22 ,ss) .ce roi qui
fait des noces, et les invités appelés ont
autre chose à faire. Le roi se met en
colère et il envoie ramasser tous ceux qu'ils
trouvent : "Ramenez-les, que la
salle des noces soit remplie". Il y en a un qui
n'a pas de robe nuptiale. Le Maître va le trouver
et lui dit, en l'accueillant : "Mon
ami, pourquoi n'as-tu pas de robe nuptiale ? ". Et
à ce moment-là, la parole tombe comme un
couperet: "Et cet homme ne lui
répondit rien". Si cet homme avait
répondu à Dieu : "Je suis trop pauvre, roi,
je n'ai pas de robe nuptiale, je n'ai que mes haillons
sur le dos". - 16 -
Alors, le Roi serait allé chercher la plus
belle : "vite, donnez-la lui !". Mais il ne demande rien
: "Le Seigneur me prend comme je suis, je ne veux pas me
changer. Je veux rester dans mes haillons".
Alors, il ne peut pas rester, il s'exclut de
lui-même. les prostituées ou les publicains
nous précèdent dans le Royaume - et je le
crois - ce n'est pas à cause de leur
péché, mais à cause de
leur foi et de leur repentir, alors que
nous, nous nous satisfairions si bien de notre bonne
conscience d'être des gens comme il faut. Et c'est
cela qui nous ferme les portes du Royaume, nous rend
raides, et nous empêche d'accueillir la
miséricorde du Christ.
Alors, ce jugement, qu'est-ce ?
Jésus n'est pas venu juger le monde, mais le
sauver. Le jugement de Dieu : vous êtes dans une
pièce noire et vous voyez la lumière qui
filtre sous les volets. La pièce est propre,
agréable, jolie Pas de lumière. Vous sentez
le jour qui se lève, vous êtes bien. Puis,
vous ouvrez les volets, et un rayon de soleil entre dans
la pièce. Que voyez-vous ? Des tas de
poussières^ qui se mettent à danser dans le
rayon de soleil. Ces poussières y étaient
mais vous ne les voyiez pas. Le rayon fait que les
poussières vont danser dans le soleil, comme des
étincelles illuminées par la lumière
du soleil (on se dit : "quelle poussière !")
C'est cela le jugement : devant la
lumière de Dieu devant l'infini de l'amour de
Dieu, devant ses bras tendus, je vois dans la
lumière danser tous mes péchés que
je ne connaissais pas, tous mes manques d'amour etG.de
miséricorde, et je dis :
"Seigneur, je ne suis pas digne
que tu viennes dans ma maison, mais dis seulement une
parole !" C'est cela le jugement : Seigneur je ne
suis pas digne ! Retire-toi de moi, je suis un
pécheur ! C'est moi-même qui porte mon
propre jugement devant la lumière de Dieu, quand
je vois tout ce qui en moi a été
poussière mais qui maintenant, par le soleil de
Dieu va se mettre à danser pour sa gloire :
"Seigneur, mon péché, je te le donne et
qu'il devienne lumière, dans la lumière de
ta joie, de ton ciel". Cela, c'est le repentir qui nous
fait ouvrir nos fenêtres à la lumière
de Dieu.
Et Jésus dit, en parlant des pharisiens :
"Ils ne veulent pas venir à
la lumière parce que leurs oeuvres sont
mauvaises" et à la lumière de Dieu,
la valeur de nos oeuvres apparaît toute nue. ( Jean
3,19 )
Alors, naît en moi un immense désir de
purification: c'est ce qu'on appelle le PURGATOIRE.
Qu'est-ce que le
Purgatoire ?- Ce n'est pas un
lieu comme serait l'antichambre
d'une prison où faire
pénitence,-
Ce n'est pas un temps,-
C'est une
expérience.
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C'est l'expérience (qui commence souvent
dès ici-bas, dans les derniers temps de notre
vie,) de l'amour de Dieu qui nous brûle et nous
purifie, consume tout ce qui n'est pas la charité
en mon coeur. Comme dit Paul :
"Ils seront sauvés", mais à travers le
feu. Nous laisserons nos richesses, nos idoles, nos
attachements, nos passions. "Au soir de la vie, tu seras
jugé" sur l'Amour La seule chose qui comptera, c '
est 1 ' Amour. Et, cet Amour que nous n'avons pas su
aimer, cette brûlure de l'amour de Dieu en nous va
nous faire|repentir. :
"Mon Dieu, cet être qui était tout
près de moi et que je n'ai pas su aimer !
Aujourd'hui, je veux apprendre à aimer? C'est le
Purgatoire.
. C'est pour cela qu'il ne faut pas mépriser
ceux qui croient à la
réincarnation : la croyance que par
nous-mêmes nous ne sommes pas capables de nous
approcher de Dieu parce que nous ne sommes pas assez
purs, s'est traduite dans la conscience des peuples et
des religions par un désir de purification.
Alors, on va chercher à se trouver des chemins
de purification.
(Ex : le Karma dans la doctrine hindoue : "tu as
bléssé ton frère en ce monde, dans
le monde suivant, tu paieras, tu seras à ton tour
un homme bléssé,, tu souffriras,
etc...")
C'est le pauvre effort du sens religieux humain quand,
sans la révélation de Dieu, on essaye de
s'approcher de Dieu en étant un peu plus pur. Mais
on oublie une chose capitale : La
purification, c'est la grâce de Dieu
qui la fait, Dieu sauve, sa lumière purifie : ce
n'est pas nous qui, à la force du poignet et
à coup de pénitences, allons nous purifier
nous-mêmes.
Notre religion est la religion des merveilleuses
choses que Dieu fait pour nous au lieu d'être la
religion naturelle des pauvres choses qu'il nous faudrait
faire pour Dieu, pas à pas,pour mériter le
Ciel.
C'est là qu'est notre conversion
: accueillir le don de Dieu. Voilà ce que l'Eglise
nous apprend sur la Mort.
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