Approches chretiennes relation entre la science et la
religion pasteur réformé
Science et
religion Gustave
Martelet Le majeur
L'homme religieux
peut ainsi "éclore" dans une vision de Dieu plus
profonde, plus ample, plus souple, plus
créative, plus libératrice. Cette vision de la
nature a la beauté d'un opéra mais elle peut aussi
apporter les éléments tragiques d'un drame. Je
me souviens d'un opéra
joué à la Scala de Milan à la fin des
années 80, c'était Nabucco de Verdi. Le
fameux cantique des
esclaves, d'une beauté à vous dechirer le
coeur, a été bissé sous la
direction de Renato Mutti. Si
vous aviez vu cet homme conduire l'orchestre, on avait le
sentiment qu'il était
autant conduit que conducteur. Cet homme était dans
une espèce d'extase, à la fois de bonheur et
de modestie. On aurait dit qu'il était tout seul
à rêver son opéra.
C'était grâce à
lui que l'orchestre jouait, et pourtant l'orchestre avait sa
spontanéité. Cela m'a fait penser à deux
choses, je me suis dit: si les prêtres pouvaient dire
la messe comme ce chef d'orchestre conduit
l'orchestre, alors il n'y aurait que des Chrétiens
heureux ! Je me suis dit également
- si l'on veut comprendre la façon dont Dieu conduit
l'univers, il faut le voir comme un chef
d'orchestre qui est à la fois conducteur et conduit.
Mais Renato Mutti avait un orchestre tout
constitué, alors que l'univers est un orchestre qui
se crée lui-même et qui joue sans partition.
Quant au chef il est invisible. Si l'on accepte de voir dans
la nature cet immense mouvement de
genèse et de spontanéité, alors, il
faut penser Dieu comme un musicien et non
comme un ingénieur. On voit tout de suite que
l'acceptation des données scientifiques
provoque, du point de vue religieux, une transformation des
représentations. On ne peut plus voir
Dieu comme un père, mais comme un poète et un
musicien pour autant qu'il y ait
dans la création quelque chose qui relève de
l'opéra. Mais nous verrons aussi ce qu'il y a
de tragique dans cet opéra, qui peut remettre en
cause l'image de Dieu du point de vue
religieux. Du point de vue scientifique, il faut bien
comprendre qu'oon ne connaît la
réalité qu'à travers un modèle.
On était encore loin de cet aveux au
XIXème siècle, le
grand chimiste Berthollet ne disait-il pas : "La science est
au point, maintenant on sait tout".
Maintenant, les scientifiques savent très bien qu'ils
ne touchent pas le fond des choses même
s'ils utilisent des outils mathématiques très
complexes et s'ils font des observations
physiques de la réalité. Les scientifiques
sont devenus modestes et ont changé de
mentalité. Trois chefs de modestie s'imposent
à eux. Le premier est la complémentarité
des phénomènes. Par exemple - qu'est-ce que la
lumière, une particule, une onde, l'un ou
l'autre ou bien l'un et l'autre La science accepte le
paradoxe dans la structure de la
réalité. Le second est la probabilité.
La science accepte l'absence de déterminisme
rigoureux et définitif. le troisième, c'est la
flexibilité de la nature. Des espèces
apparaissent d'autres disparaissent. Ce jeu d'adaptations
n'est pas "tout fait" à l'avance.
Grâce à ces concessions, le scientisme a
reculé et il ne fait plus loi comme au XIXème
siècle. De même que la pensée religieuse
a évolué depuis le XVIème
siècle. Trois types de
problèmes sont venus à bout du scientisme. On
s'est vu obligé de penser que le monde actuel
supposait un début et une fin. Autrement dit, la
physique a reposé la question de l'alpha
et de l'oméga. Or, cette question est du ressort de
l'empirisme et de la métaphysique.
Qu'est-ce que cet univers? Où va-t-il ? Pour
approcher des réponses, la science donne des
modèles. Elle nous dira par exemple, qu'avec le Big
Bang, l'alpha, une concentration
formidable d'énergie a explosé et a rendu
possible la genèse du monde par une
décompression de cette énergie. La
thermodynamique nous dit que le monde est un système
ouvert se refroidissant au fur et a mesure qu'il
s'étend. On a même
modélisé l'univers à
sa fin quand l'énergie deviendra inutilisable. La
science conduit les scientifiques
d'aujourd'hui vers des problèmes-limites qui peuvent
toucher au religieux, du moment que les
données scientifiques sont respectées.
Entre l'alpha
et l'oméga, il y a le lambda, c'est à dire
l'homme. Jusqu'au XIXème siècle, l'homme était
considéré comme un spectateur de l'univers. La
théorie de l'évolution et les premières
découvertes préhistoriques ont montré
à l'homme qu'il était lui même un
produit de la nature. Et la
science à son tour a posé la question de
l'homme. On comprend pourquoi elle a
perdu sa suffisance hautaine face aux questions
métaphysiques et religieuses. Quant
à ces dernières, elles doivent être
traitées dans le respect des
données scientifiques. Dans
cette évolution des mentalités scientifiques
et religieuses, il reste pourtant des points
de friction, les voici exposés. suite :
050-martelet.html ..
Approches
pentecotistes :
Approches Islams
approches scientifiques
Ce
changement concerne d'abord la religion. Si l'on croit
que la réalité ne peut pas existersans
l'impulsion de la créativité d'un Dieu qui
rend créative elle-même la nature,
alors,cette perspective nous oblige à immensifier
le mystère de Dieu, comme l'a dit Teilhard
deChardin.
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