Approches chretiennes relation entre la science et la
religion pasteur réformé
011-revolution
de la pensée humaine Science et
religion ( Gustave
Martelet)
Le pouce Le refus et le
conflit peuvent être le mieux symbolisés par
l'affaire Galilée. Cette affaire est symptomatique du
fait que la religion n'avait pas encore défini ses
limites et que la science n'avait pas encore
fait ses preuves, même si elle avait l'avenir pour
elle. A ce moment, l'erreur de
l'église a été triple. Elle a
porté sur la Bible, sur la philosophie et sur la
science. D'abord, on avait
pris la Bible pour un livre de science. A cette
époque, la Bible était pour la
chrétienté ce que l'Iliade et l'Odyssée
avaient été pour l'Antiquité
païenne classique. La Bible était le livre de
science par excellence car l'autorité spirituelle
englobait absolument tous les domaines. La Bible est
d'ailleurs toujours prise dans ce sens
littéral par les fondamentalistes qui sont
restés créationnistes. Car cette
erreur du XVIème
siècle, encore parfois commise de nos jours, a
été de ne pas comprendre que "la Bible ne dit pas
comment va le ciel, mais comment on va au ciel". Cette
réflexion tirée d'une conversation
entre Galilée et la reine de Suède
reflète bien la méprise qui
existait dans les esprits,
sauf pour quelques personnes éclairées. Ce
n'est pas en matière scientifique que la
Bible est compétente et pertinente, mais en
matière de Salut, de préoccupations
ultimes et de réponse a ces préoccupations
ultimes. Prendre la Bible pour un ouvrage de
cosmographie est une erreur. Mais il ne faut pas tomber d'un
extrême à l'autre. Il y existe
bien des notions de cosmographie: la description de la
création en six jours, qui , par la
suite deviendront les jours de la Lune, de Mars, de Mercure,
de Jupiter, de Vénus, de
Saturne, c'est à dire les jours de la semaine qui se
termine avec le jour du repos de Dieu. Cette
description a donc de la valeur par rapport à la
science du temps, mais elle est
l'affirmation spirituelle que le monde est
créé. En fait, la Bible est un livre à
deux lectures. Il y a la
lecture culturelle, correspondant à l'époque
de l'écriture vers le V ème siècle avant
J-C. Et il y a la lecture spirituelle, fondée sur les
représentations culturelles de son temps, mais qui
est le lieu des affirmations proprement religieuses sur le
monde. La deuxième
erreur est philosophique. Au Moyen-Age et au XVIéme
siècle, on a consacré Aristote comme
étant le philosophe par excellence. En effet,
l'oeuvre, arrivée en Occident par bribes
grâce aux Musulmans, a pris une autorité
considérable mais figée. On ne
s'est pas alors
aperçu que la philosophie d'Aristote n'était
qu'un élément de culture et que le propre de la
culture, c'est de se développer et d'évoluer.
Une seul représentation de la réalité
n'était pas acceptable. La troisième
erreur a porté sur la science. Il n'a pas
été compris que la science avait
pour tache de critiquer,
d'approfondir, de vérifier et souvent de
dépasser ces évidences immédiates de
nos sens. Par exemple, si l'héliocentrisme est depuis
longtemps prouvé, nous disons toujours
que le soleil se couche ou se lève. Cela montre
à quel point il nous est difficile de
dépasser des évidences sensorielles et nos
perceptions immédiates. La science ne consiste
pas à justifier les évidences
immédiates mais approfondit ces évidences,
les dépasse et parfois même les détruit.
On a interdit à la science de jouer son rôle. De
là vient le conflit, l'enfermement de la religion
dans le refus et le développement du soupçon
radical que la science va à l'encontre de la
religion, traitant cette dernière d'obscurantiste. Il
est vrai que la religion a transgressé son domaine de
compétence, mais à l'inverse,
la science risque de tourner au scientisme si elle s'arroge
une compétence dans des domaines qui ne
sont pas les siens. Ainsi, en réaction à cette
concertation entre la religion et la
philosophie, la science risque de se transformer en
scientisme, c'est à dire, n'admettre que la
méthode scientifique pour approcher et
connaître un phénomène. Par exemple, l'art est
une approche non scientifique du monde. Les plus anciens
témoignages de l'art remontent
à 30 000 ans. Ces oeuvres du Paléolithique
supérieur représentaient
déjà une certaine
approche du monde, et ce qui valait il y a 30 000 ans vaut
encore aujourd'hui. Il est
évident que l'église porte la
responsabilité de ce conflit entre la science et
la religion. Elle aurait dû
reconnaître plus tôt qu'elle n'était pas
la seule instance de vérité. Autant elle
a autorité dans
le domaine de la Révélation, autant elle doit
admettre que l'homme ait en lui-même la
capacité de découvrir. Heureusement, ce
conflit est maintenant presque entièrement
dépassé et le seul test qui permette
d'affirmer qu'il n'existe plus est l'acceptation du
concept d'évolution. Peut-on comprendre la nature et
son évolution tout en gardant un sens
religieux. Autrement dit, peut-on accepter que
l'évolution soit la modalité de
la création ? Certains ne le peuvent pas, d'autres
s'interrogent sur l'articulation entre les deux
concepts. Je pense que le grand résultat du dialogue
entre la science et la religion sera
l'acceptation de la signification de l'évolution dans
l'oeuvre créatrice de Dieu, si toutefois on
accepte que la nature implique un créateur.
Alors, voila, le
pouce, c'est l'église qui fait opposition. Le pouce
rend la main préhensile pour tenir les
choses. La religion doit aider à tenir les choses et
non à les rejeter. suite :
030-martelet.html .
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