Les morts ont-ils un avenir et quel est le sort des
disparus?
Deuxième
réponse:
IL Y A POUR LES MORTS UN CERTAIN AVENIR
( l'absolu, le sacré, le religieux, le
transcendant, et c...)
L'INDIVIDU
EN QUÊTE D'ABSOLU
"Les êtres humains
ont toujours besoin de ménager dans
leur existence une place pour
l'absolu.
Dans l'histoire
européenne, ce besoin d'absolu a pris
trois grandes
formes:
D'abord il
s'est exprimé dans le cadre de
l'expérience religieuse.
Puis le
sacré est devenu purement humain,
transféré de Dieu à
l'homme: 1789 ( la nation est souveraine )-
Adoration de la Nation, de la Patrie, du
Peuple, de l'État....
Enfin, on
cherche l'absolu au sein de
l'expérience individuelle, pour
l'épanouissement personnel
intérieur. Mais l'ère des
réponses collectives est
révolue"
( Tzvetar Todorov, dans "
Études théologiques et
religieuse", tome B2,
2007/3
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LE DÉSIR DE
SURVIVANCE
"Le principe d'une
"survivance" est plus qu'un voeu secret du
coeur; c'est une sorte d'exigence vitale de
l'être, si puissante que ses
adversaires les plus résolus ont bien
du mal à lui échapper
totalement; et il n'est pas rare de noter que
la négation la plus ferme de la vie
future s'accompagne de l'acceptation d'une
autre sorte "d'immortalité" plus
discrète et, si l'on peut dire , moins
offensante pour la pensée
rationaliste.
Trois voies principales s'offrent à
cet effet:
1° l'individu mort entre dans
une certaine immortalité
en ce sens que, semblable à la feuille
morte, il va enrichir le terreau d'où
naîtra une végétation
nouvelle, une vie d'autres individus..et
c. et c.. ( cf Nietche )
2° l'homme n'a pas
d'immortalité mais il peut se survivre
par ceux de ses actes qui ont
contribué au progrès de
l'humanité. C'est une
immortalité de nature
collective. ( A. Comte
)
3° Bien que voué
physiologiquement à la disparition
pure et simple, je serai ,après ma
mort mais aux yeux d'autrui,
éternellement
figé dans mon destin tel que je l'ai
librement réalisé . (
Heidegger, Sartre, Camus, Malraux, et
c. .)
"L'au-delà" par François
Grégoire, P.U.F ( "Que sais-je?") page
11 et suivantes )
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ESPRITS, DIEUX ET
IDÉES.
" La croyance aux esprits,
c'est à dire les spectres des morts,
est universelle. Dans les
sociétés archaïques et
beaucoup de civilisations historiques, ces
esprits évoluaient dans une grande
familiarité avec les
vivants... Depuis le milieu du XIX°
siècle ils sont revenus: le
spiritisme, les maisons hantées, et
les médiums communiquent avec les
esprits des morts. Selon la croyance aux
esprits, ceux-ci se détachent des
cadavres et existent dans une sphère
qui leur est propre, pour revenir quand on
les invoque....
...Les grands dieux ont, eux
aussi, une existence objective à
travers la foi collective d'un peuple...Les
fidèles croient absolument en
l'existence de leur Dieu, et nient celle des
dieux des autres religions... Je suis
convaincu que si l'humanité
disparaît, les pauvres dieux mourront
comme nous...
.... J'ajouterai l'expérience
moderne qui a remplacé les Dieux par
des Idées-Maîtresses. Nous avons
donné une puissance quasi divine
à nos mythes
idéologiques. Nous avons
été capables de mourir et de
tuer pour le Communisme, et nous saurons
l'être pour la Liberté et la
Fraternité... Restons conscients de la
force inouïe dont nous dotons des
abstractions ".
( Edgar Morin, bloc note, " le monde des
religions " mars 2007 page 82 )
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LE SACRE ET LE
RELIGIEUX.
reviennent toujours, même chassés par
l'Évangile de Jésus. Et, avec eux,
reviennent aussi des croyances multiples au sujet de la
survivance des morts et de l'avenir des
disparus. D'autant plus vite, d'ailleurs, que ces
défunts sont de grands personnages ! A peine mort
le pape Jean-Paul II faisait l'objet d'un culte et la
foule réclamait sa béatification
immédiate! " Subito sancto" !
" La tendance à croire à une vie
future, dés qu'elle est expulsée par la
pensée rationnelle, revient et se présente
à nouveau sous les masques les plus divers et les
plus imprévus" ( Grégoire "
L'au-delà" page 14. collection " Que sais-je")
Nos lointains ancêtres préhistoriques
croyaient à une vie au-delà de la
mort. Leurs rites d'inhumation des morts montrent
que, pour eux, le défunt continuait outre-tombe
une vie parallèle à celle des
vivants. Ils estimaient que leurs ancêtres
pouvaient être, à leur égard, soit
bienfaisants, soit malfaisants. Les Malgaches
actuels, par exemple, continuent de procéder
périodiquement au " retournement des morts".
Actuellement, nous autres occidentaux nous nous
voulons affranchis du religieux et du sacré. "
Dieu est mort", prétendons-nous. Et, du coup, nos
contemporains s'appliquent à bannir l'idée
de leur mort. On occulte la mort, on meurt " en cachette"
( à l'hôpital), on refuse de vieillir, on
prêche le moins possible au sujet de "
l'aprés-mort" dans les églises. Et
notre "société de consommation" s'y entend
pour nous divertir et nous faire vivre dans
l'instantané...
Mais chassé par la porte, le sacré de
pacotille revient par la fenêtre. Pensez
à la Toussaint et au Jour des morts !
Et j'évoquerai simplement nos diverses
"Religions civiles" avec leurs solennités, leurs
liturgies, leurs " grands messes", leurs hymnes, leurs
monuments, leurs sacrifice sanglants et c.. ( la France
éternelle", le Panthéon, l'Arc-de-Triomphe,
l'Hymne national, la foi en l'immortalité des
guerriers, la foi au Progrès, le culte de
l'Argent, le Drapeau, et l'Idéologie et c..
Cependant, pour la foi au " Roi des
Juifs" crucifié, le plus scandaleux a
été au 2° siècle, le retour au
sacré à l'intérieur de
l'Église. Le système de "
Chrétienté" (toujours vivant ! ) a
réintroduit sous des noms nouveaux les vieux dieux
de la cité et les croyances archaïques sur
l'au-delà, sur le sort et le rôle des
actuels défunts.
L'ABOLITION DE LA RELIGION PAR LE CHRIST
Le christianisme a tout
dérangé dans l'histoire du
monde... Il est, pour reprendre Marcel
Gauchet, "la religion de la sortie du
religieux".
Pour l'apôtre Paul, le message
évangélique, la "folie" de la
croix, diffère radicalement des
religions anciennes et vient les ruiner. Ce
message est véritablement
autre. Il opère un renversement
si radical qu'il vaut pour tous les hommes de
la Terre, toutes les cultures humaines,
toutes les nations....
La résurrection du Christ est cette
extravagante objection qui vient enrayer la
mécanique du sacrifice sur laquelle se
fondent toutes les cultures
humaines. C'est la résurrection
qui confère au message
évangélique sa puissance
subversive...
Les institutions, c'est un fait, ont
souvent trahi la parole
évangélique. Elles ont
rallié le temporel en oubliant le
message." ( J.Cl. Guillebaud " Comment je
suis redevenu chrétien" ( Ed. Albin
Michel 2007 page 108 -115 )
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" Vous avez
tout, pleinement en Christ.
Car c'est en lui
qu'habite corporellement, toute la
plénitude divine
Donc, que
personne ne vous abuse par des systèmes
de croyances creuses et vides!"
( lettre aux Colossiens
2.8-9 ).
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Georges SIGUIER . 14 rue Saint Jacques 81200 MAZAMET
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